Ressources et sobriété

La MITI a pour objectif de promouvoir, animer et coordonner l'interdisciplinarité au CNRS, et en particulier l’interaction entre ses dix instituts. Dans ce cadre, elle a lancé en 2024 l’appel à projets « Ressources et sobriété ».

2024

Contexte

Bien que les réflexions sur une planète finie soient anciennes, notre planète a longtemps été majoritairement considérée comme un inépuisable réservoir de ressources, s’inscrivant dans une trajectoire de croissance sans fin. L’exploitation des ressources s’est fortement accélérée après la Deuxième Guerre Mondiale, si bien que nous aurions franchi désormais six des neuf limites planétaires identifiées en 2009, éprouvant les capacités de résilience de notre biosphère (Rockström et al. 2009). La réponse aux défis majeurs que sont le maintien de la biomasse, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la transition vers des énergies bas carbone exige aujourd’hui de repenser en profondeur notre rapport au monde et aux ressources qu’il offre, ainsi que l’organisation de nos sociétés. Ce changement concerne toutes les disciplines scientifiques, pour accompagner les transitions écologiques, environnementales, énergétiques, technologiques et sociétales.

Les mutations à venir sont d’autant plus significatives qu’il ne suffira sans doute pas d’être sobres dans nos futures modes d’exploitation des ressources actuellement utilisées. Même si les recherches de technologies efficaces qui utilisent les ressources énergétiques ou les matières premières avec modération ou à un niveau minimal ouvrent de nouvelles voies et possibilités pour la science et pour la société, les effets indirects ou rebonds ne sont pas tous connus et sont susceptibles d’être contre-productifs. Ces effets pourraient en effet aboutir à un dépassement des consommations initiales et à une limitation des bénéfices environnementaux des nouvelles approches scientifiques/technologiques.

Les changements à venir vont ainsi certainement exiger beaucoup d’efforts : d’une part concernant la diversification des ressources, et d’autre part à propos de la nécessaire sobriété dans leur utilisation tant leur disponibilité n’autorisera pas, d’emblée, leur exploitation sans limite. Ainsi la transition énergétique demandera d’autres matières premières que les hydrocarbures, notamment des métaux, pour aller vers des sources d’énergies non carbonées (photovoltaïque, géothermie, H2…) et en contrôler l’impact et l’empreinte écologique.  La transition écologique impliquera également de diminuer la conversion des habitats, les activités extractives (bois, animaux, etc), et de penser à de nouveaux modes de transport et/ou production locale.  Un autre enjeu sera d’innover dans les techniques de stockage durable, qu’il s’agisse du CO2, de l’hydrogène ou d’autres carburants.  Il sera indispensable de développer de nouvelles synergies entre tous les acteurs, par exemple entre citoyens, acteurs économiques et communautés scientifiques. Mais plus profondément, c’est une révolution dans la façon de répondre aux besoins et désirs qui devra avoir lieu, privilégiant la sobriété.

La sobriété des ressources concerne donc l’ensemble du cycle de vie des produits, des méthodes et des actions : sobriété permise par le développement et l’usage de nouveaux matériaux (synthétiques ou non); utilisation raisonnée ou substituée des ressources rares (e.g. métaux, incluant les terres rares) ; sobriété dans l’analyse et la gestion de données permettant l’optimisation de l’usage, et le développement de modèles dynamiques adaptatifs ; sobriété des usages et des impacts sur les milieux, l’environnement, les sociétés, le vivant dans son ensemble ; sobriété des techniques de recyclage, d’extraction, de stockage, de  décarbonations, permettant la réutilisation ou la préservation des ressources.

Objectif de l’appel

Cet AAP concernait les recherches touchant à l’ensemble de ces champs. Elles pouvaient s’attacher à l’état des lieux comme à des propositions de solutions technologiques disruptives et/ou émergentes, de prospectives et scenarios. Elles pouvaient s’inscrire dans un temps long, voire très long, afin de donner un éclairage évolutif sur la façon dont les ressources ont été exploitées et gérées dans des environnements diversifiés et au cours de temporalités variées. Plus largement, cet AAP proposait de revisiter voire dépasser la notion même de ressources au profit d’approches moins utilitaristes dans le rapport des sociétés à leur environnement.

 

Responsables scientifiques :
Stéphanie Vermeersch et Cyrille Flamant

Pour obtenir des informations :
Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires

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