Frugalité – sobriété

Après une première action commune IRD - CNRS sur les Sciences frugales en 2021, CNRS et IRD continuent leurs programme conjoint en soutenant des projets de recherche dans le domaine de la frugalité ou de la sobriété.

La prise de conscience de l’impact de nos sociétés en termes énergétique et d’usage de ressources naturelles impose une réflexion sur l’élaboration d’approches plus frugales de la recherche.

date de dépôt des dossiers repoussée au vendredi 9 décembre à 9h

Nos sociétés modernes consomment les ressources de la terre comme si elles étaient sans limites, ce qui pose clairement le problème de la durabilité de nos modes de vie. La science elle-même contribue à cette consommation de ressources, par sa pratique de recherche comme par les innovations technologiques qu’elle fournit, dont la plupart sont très consommatrices d’énergie. Chaque année, les ressources planétaires sont consommées toujours plus tôt, comme en 2022 où la limite a été atteinte dès le 26 juillet. La prise en compte des limites des ressources planétaires dans la pratique scientifique est primordiale, et elle l’est d’autant plus dans un contexte où la décision politique se nourrit de plus en plus de résultats scientifiques.

La recherche d’approches scientifiques sobres ou frugales qui utilisent, avec modération ou à un niveau minimal, les ressources énergétiques ou les matières premières (dans leur fabrication comme dans leur fonctionnement), ouvre de nouvelles voies et de possibilités pour la science et pour la société. Ces développements, souvent à couts réduits, facilitent, par exemple, le déploiement de réseaux de capteurs low-tech, ouvrent la voie à des systèmes de calcul ou de communication moins énergivores et plus écoresponsables, moins intrusifs, favorisent les études dans des environnements complexes, difficiles d’accès physique, et ouvrent la possibilité de participation à un public non-initié permettant des approches participatives et l’implication de la société civile.

Les recherches interdisciplinaires sont particulièrement fécondes pour le développement des voies de sciences frugales ou sobres, puisque les regards croisés des disciplines permettent des approches novatrices et originales et des mises en pratique efficientes par les porteurs d’enjeux. Peut être considérée comme approche frugale ou sobre, toute méthode, protocole, instrumentation ou service qui réduit l’investissement en ressources énergétiques et/ou en matières premières, soit dans la préparation, la fabrication ou dans l’application, tout en gardant un niveau de performances compétitif et adapté aux enjeux de la recherche. Toute démarche scientifique réflexive contribuant à repenser nos activités de recherche ou encore nos modes de vie pour les rendre plus sobres (utilisation de matières premières, bilan carbone, gaspillage alimentaire…) et capable d’inclure de manière plus égalitaire des acteurs non scientifiques, entre également dans le champ de la science frugale.

Cet appel à projet vise à soutenir des projets d’innovation frugale, qui sera définie par rapport à son utilité (notamment concernant ses besoins essentiels des individus ou du collectif), sa convivialité (au-delà de l’accessibilité en termes de coûts, cette notion implique la simplicité des principes de fonctionnement et la capacité à la partager aisément à destination du plus grand nombre afin de favoriser la réparation ou l’adaptation de la technologie) et sa durabilité (limitation des impacts environnementaux et sociaux de la solution technique tout au long de son cycle de vie, l’écoconception, la frugalité des ressources nécessaires, la robustesse et le recyclage). Des projets portant sur des nouvelles méthodes, protocoles ou algorithmes seront particulièrement appréciés. L’innovation frugale représente une opportunité dans une société moderne, en tension constante sur les ressources, pour répondre aux besoins locaux par des solutions simples, peu coûteuses, ingénieuses. C’est aussi, face aux enjeux globaux qui nous préoccupent, une manière de prendre en compte la nécessaire accessibilité à tous de ces solutions low-tech, en particulier pour les pays les moins avancés pour lesquels les solutions à haute valeur technologiques sont souvent inatteignables.

Au-delà de l’intérêt inhérent des approches low-tech, cet appel à projet vise à faire émerger de nouvelles applications, comme par exemple des capteurs bio-sourcés, biodégradables ou réutilisables à déployer en quantité, de l’instrumentation ou des approches fabriquées ou installées dans des endroits difficiles d’accès. L’appel concerne aussi les projets relatifs au développement de concepts, de procédés et de dispositifs de production de biens et de services moins gourmands en ressources et/ ou plus durables (recyclables, bio-sourcés…), déployables techniquement dans de nombreux secteurs de production. Des projets portant sur des nouvelles méthodes, protocoles ou algorithmes seront particulièrement appréciés.

Pour cet AAP, vous aurez la possibilité d’échanges sur une plateforme pour permettre la constitution de nouveaux consortia est proposée.

Date limite de soumission

Le Mercredi 7 décembre 2022 à midi (heure de Paris)

date de dépôt des dossiers repoussée au vendredi 9 décembre à 9h (heure de Paris)

Pour candidater à l’AAP :

https://survey.miti.cnrs.fr/limesurvey/index.php/592843?lang=fr

Pour s’inscrire au forum :

https://survey.miti.cnrs.fr/limesurvey/index.php/711231?lang=fr

Contact

Pour toute information sur l’appel et les modalités de soumission d’une proposition, vous pouvez contacter :

miti.contact@cnrs.fr

Et pour toute information scientifique, vous pouvez contacter :

Jean-Christophe Avarre (IRD) et Martina Knoop (CNRS)

Partager

Go to top of page