GdR Labos 1point5 : Analyser et réduire l’empreinte carbone de la recherche

Le Groupement de Recherche Labos 1point5, soutenu par l’ADEME, INRAE et le CNRS, a pour ambition de fédérer la recherche française sur la question de son impact environnemental.

Alors que la recherche a alerté très tôt sur les dangers des pressions que fait peser l’Homme sur la planète, la profession elle-même passe sous la loupe. Entre les missions de terrain, les réunions et conférences, les bâtiments, le numérique ou encore l’utilisation de grands instruments, l’impact environnemental de la science n’est pas nul. Les premières études scientifiques portant sur les activités de recherche à l’échelle de laboratoires ou d’universités semblent indiquer que cette empreinte est significative et inégalement répartie avec une grande hétérogénéité autant au niveau des disciplines et des localités que des professions. C’est pour adresser ce manque d’informations et étudier et développer les changements dans les pratiques des agents de la recherche que le nouveau Groupement de Recherche (GdR1) Labos 1point5 vient d’être créé.

Fédérer les activités de recherche au niveau national

Soutenu par l’ADEME2, INRAE et le CNRS, ce GdR fait suite au mouvement lancé par le collectif Labos 1point5 3 qui regroupe aujourd’hui plus de 2 000 chercheuses et chercheurs provenant de toutes les disciplines. Depuis deux ans, le collectif propose des outils aux chercheurs et laboratoires pour estimer leur empreinte carbone. « Nous savons très peu de choses sur lempreinte carbone de la recherche. Nous avons donc souhaité nous emparer du sujet par la méthode scientifique, cest-à-dire en continuant à faire notre métier. Mais cette étape destimation et de compréhension doit également sarticuler à des propositions pour réduire cet impact », explique Tamara Ben Ari4, chercheuse en agronomie globale à INRAE, qui est à la tête du Conseil de direction du nouveau GdR Labos 1point5. Celui-ci permet de proposer une « structure pour fédérer les activités de recherche au niveau national avec une légitimité académique, ainsi quune interface claire avec les organismes de recherche », ajoute Olivier Berné5, astrophysicien et membre du Conseil de direction du GdR.

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Notes

  1. Un GdR, centré un sur un domaine thématique donné, a une mission d’animation de la communauté autour de la thématique, une mission de structuration des activités de recherche et une mission de veille scientifique.
  2. Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie. Elle participe à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable. Elle cofinance le GdR.
  3. Créé en 2019 par Tamara Ben Ari et Olivier Berné, Labos 1point5 est un collectif qui souhaite mettre en cohérence les pratiques de travail de la recherche avec les objectifs de réduction de l’empreinte humaine sur l’environnement.
  4. Tamara Ben Ari est chercheuse en agronomie globale à INRAE, actuellement à l’institut d’écologie et des sciences de l’environnement (CNRS/IRD/INRAE/Université de Paris/Université Paris Est Creteil).
  5. Olivier Berné est chercheur en astrophysique à l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (CNRS/Université Toulouse Paul Sabatier/Centre national d’études spatiales).